Il y a deux phases dans la vie d’un homme où celui-ci ne doit pas spéculer: quand il n’a pas les moyens de le faire, et quand il les a.

Mark Twain (30 novembre 1835 – 21 avril 1910), écrivain américain

La spéculation, et les hommes qui la pratiquent – les spéculateurs – ont toujours eu auprès du grand public une certaine connotation négative. Cette connotation négative a encore été renforcée par la récente crise financière qui aurait été déclenchée, dans l’opinion de beaucoup de gens, par les vilains spéculateurs.

Or, ceux qui condamnent si vigoureusement l’activité des spéculateurs ignorent que nous spéculons tous, même de manière inconsciente, et que nous le faisons tous les jours.

En effet, chaque fois que nous prenons une décision dans l’incertitude, en comptant sur quelque chose pour en tirer avantage ou pour parvenir à nos fins, nous spéculons. Et notre vie quotidienne est bourrée de telles décisions, souvent banales, parfois d’une grande importance:

  • notre décision de prendre telle route plutôt que telle autre pour nous rendre à notre travail dans l’espoir de rencontrer moins d’embouteillages ;
  • notre décision d’entreprendre telles études plutôt que telles autres, parce que nous espérons que celles-ci vont nous permettre de trouver un emploi intéressant et bien rémunéré ;
  • la décision de nous marier, parce que nous espérons (et plus nous sommes amoureux, plus nous sommes convaincus) avoir trouvé le partenaire idéal pour le reste de notre vie ;

Nous pouvons évidemment essayer de rassembler un maximum d’informations utiles qui nous permettent de prendre une décision informée, mais tant qu’il n’y a pas de garantie absolue que ce que nous escomptons se produise effectivement, toute décision comporte un élément de spéculation.

Une spéculation est en fait un pari sur l’avenir. Ou bien, pour le dire avec les mots du financier américain Bernard M. Baruch (1870-1965): Un spéculateur est un homme qui observe le futur, et agit avant qu’il se produise.

Une spéculation implique toujours une certaine prise de risque.

Dans les milieux financiers, la spéculation consiste à acheter ou à vendre une certaine quantité d’un bien

  • dans l’espoir que son prix va évoluer dans une direction qui nous permette de faire un gain monétaire, soit en le vendant plus cher, soit en le rachetant moins cher,
  • tout en acceptant le risque de perdre de l’argent si l’évolution du prix en question est contraire à nos espoirs.

Beaucoup de biens se prêtent à la spéculation : les actions d’abord, mais aussi les obligations, nombre d’instruments financiers sophistiqués, les métaux précieux comme l’or ou l’argent, des devises, des matières premières, des immeubles, des objets d’art ou de collection, des vins nobles…